17 mars 2016 ~ Commentaires fermés

Science de merde sans conscience est science de con, qui n’a de « science » que le nom.

« Tout le monde sait que si l’anar chie,
la hierar aussi… »
Ringo Star,
après avoir bue de l’eau du robinet,
lors de son premier voyage en inde
avec les Beattles.

La psychologie et la psychologie sociale actuelle voient se développer des travaux autour de la théorie des jeux. Ces travaux se situent dans la grande lignée de la psychologie expérimentale positiviste. Mais que veut dire cette orientation ?

Petit détour.

La psychologie actuelle est marquée par plusieurs grandes traditions. La première, la plus connue, est celle de la psychologie clinique marquée par la métapsychologie freudienne. C’est une psychologie qui est issue du monde de la médecine et plus particulièrement celle qui planchait sur l’aliénation. Ce courant est donc basé sur les réflexions de personnes qui à l’origine étaient médecins (Esquirol, Pinel, Charcot, Freud, etc. pour les plus connus dans la tradition francophone). Sauf que les médecins ont toujours voulu garder la main sur le fonctionnement psychique et la psychiatrie qui s’est beaucoup inspirée de la métapsychologie freudienne, à coup de médicaments, plus pour montrer qu’au moins ses pilules agissent et que donc les médecins restent légitimes. Enlevez les pilules aux docs, et il y a plus rien. Sauf que sans rien ça marche aussi très bien, c’est là que ça coince. Mais c’est un autre problème, quoique le scientisme et la blouse blanche soit au fond le cœur du problème.

Un deuxième courant majeur de la psychologie provient d’une tradition expérimentaliste où l’objet d’étude était simplifié au maximum. C’était des mesures physiologiques (Monsieur le Baron, si j’appuie sur le 20 volt, vous sentez quoi ? Bon si je mets le 220, vous sentez quoi ? Ok, vous êtes plus résistant qu’un pauvre) et des comparaisons inter-individuelles. Cette tradition s’appuie aussi sur la psychologie animale et a notamment donné lieu au behavorisme, courant directement issu des travaux de Pavlov (si je te donne un bonbon après que tu fasses quelque chose de bien, tu va vite savoir que faire des choses bien entraîne des récompenses. Donc tu vas devenir quelqu’un de bien) .

Ce dernier courant se base pas totalement sur la médecine, son assise dogmatique (le dogme au sens étymologique de décorum dans lequel un pouvoir prend place, Legendre, 2001) prend davantage racine dans les sciences physiques. L’idée ici est d’étudier un comportement, puisque ne pouvant savoir ce qui se passe dans la tête d’une personne, on ne peut étudier des comportements sans réellement savoir ce qu’il y a derrière. La pensée se déroule dans une « boite noire » et l’ouvrir, dans ce cas, c’est faire de la philosophie, de la métaphysique etc. mais, nous disent les chercheurs de cette discipline, pas de la science.

En effet, la psychologie se bat avec la science. Où plutôt, la science bat la psychologie et d’autres sciences humaines, en définissant les critères de ce qu’est une science. Or les études de l’homme relevant d’autres critères, il ne peuvent prétendre à être une science aux yeux de ceux qui disent depuis longtemps définir la science. En effet, la science occidentale s’est bâtie sur une dialectique allant de la technique vers la connaissance de l’homme et inversement. La chose est simple à comprendre : la technique s’est développée suite à la mise en œuvre d’outils complexes. Pour faire fonctionner un engrenage complexe, pour faire voler un objet de façon à peu près stable, faire couler un autre et le remonter à la surface, faire circuler de l’eau dans un aqueduc, etc il faut un minimum de jugeote et surtout une capacité à manier des symboles. Ces symboles doivent être particuliers puisqu’il s’agit souvent de transformation (vitesse en poids, masse en distance, chaleur en énergie, etc.) Bref, il faut être capable de mesurer pour comparer. On parle donc de valeurs (Charbonneau, 1990).

La psychologie a donc voulu se hisser au statut de science en mesurant, en simplifiant, en faisant des expérimentation dans des laboratoires et surtout, en essayant de se faire valoir comme ce que valent les médecins.

Ce que la sphinx terre…

Bon, autant dire qu’il y a pas que ça : le fait de vouloir garder un maximum de tunes, de fricotter avec les puissants, de se sentir magicien, ça n’a pas aidé les sciences qui passent en vérité plus de temps à vouloir parader qu’à approfondir la question de la sphinx : qu’est-ce qui boit un verre de lait le matin, une verre de vin à midi, une bière à l’apéro et une tisane avant d’aller se coucher.

Bref, quoiqu’il en soit, après la seconde guerre mondiale, pour prolonger le plaisir de se foutre sur la gueule efficacement, s’est développé la cybernétique. Le but de la guerre étant, nous racontait Jack London, étant au final de faire rentrer des petits bout de métal dans les corps des gus d’en face, s’est posé la question de comment guider un bout de métal vers un cible sans que le tireur lui-même ne se prenne un bout de métal dans les fesses ou ailleurs. C’est la cybernétique. Celle-ci s’est mariée comme l’ail au poulet avec le cognitivisme lancé par les célèbres expériences de Jérôme Bruner.

Ce dernier voulait mettre en terme à la doctrine comportementaliste et donner au social une place de choix dans la littérature psychologique.

En peu de temps la révolution cognitiviste a mis à mal le comportementalisme et son réductionnisme. Bon, ça c’est ce qu’il faut dire aux étudiants, au final c’est que de la poudre aux yeux. C’est la les fondements de la doctrine mais, en vrai, le cognitivisme a l’odeur du behavorisme, il a la couleur du comportementalisme, il en a l’aspect, le goût, mais… c’est du cognitivisme.

Surtout, le behaviorisme a mal supporté les conflits éthique soulevés dans les années 1920-1940 par ses pratiques souvent tournées vers la publicité ou des tentatives de manipulation simplistes, grossières, et par trop liées aux puissants. A la fin des années 1940, ça ne passait plus (alors que les hommes et femmes à la base de la révolution cognitivistes étaient réellement choqués par l’holocauste et mus par le sincère désir de mettre en œuvre un monde juste et pacifié – beaucoup étaient juifs émigrés d’allemagne – d’où les conférences Macy qui font serrer les fesses des complotistes au point de leur filer des hémorroïdes).

Mais le cognitivisme a vite fait d’exclure la dimension sociale chère à Bruner ou de la réduire à peau de chagrin, à des variables se limitant à un faible nombre d’interactions entre deux personnes. Le cognitivisme est resté centré sur l’expérimentation, alors même que la psychologie des groupes et ce qui en déroulait permettait de d’envisager des conceptions du social (l’entativité) originales et plus seulement limités à la question de la forme. Cette époque (les années 1970) était un réel paradis comparé à aujourd’hui. C’est mes gènes post-soixante-huitard ça… C’est alors qu’un vraie théorie de l’institution est apparue, une théorie du discours, le freudo-marxisme, les livres de Lyotard et de Castoriadis, et tout ça…

Le retour de simplet

Bon, c’est pas tout, mais les gauchistes risquant de gagner la partie, la réaction à mis en place des stratégies plus ou moins coordonnées pour reprendre le dessus. Je doit avouer que mes convictions marxistes puristes me font grimacer lorsque je constate l’hégémonie du marxisme dans les sciences – une hégémonie qui s’est appuyée sur des coups de pression dans les années 1970. Le vrai problème réside surtout dans le fait que nombre de chercheurs ont adhéré jeunes au marxisme alors qu’ils n’en avait pas le profil. C’était des bourges quoi, qui n’avaient connu d’oppression que celle de leur constipations passagères. Forcément, c’est dur, après avoir défendu la liberté des masses, de passer effectivement à l’acte.

Dans les années 1970, les grandes gueules du marxisme ont commencer à révéler que leurs préoccupations étaient d’être des grandes gueules reconnues puis, dans les années 1980, être reconnus leur a suffit. D’un autre côté le bagage universitaire acquis dans les organisations communistes dans lesquels ils avaient milité « gangrenait » leur pensée. Il leur fallait absolument rompre avec (pour faire propre) afin de rester bankable. Le problème, c’est que la seule intelligence dont ils faisaient preuve venait justement de cette formation acquise dans les groupes marxistes. Ils se retrouvaient à poil quoi…

Certains comme Jerry Cohen aux états-unis décidèrent donc d’adapter le marxisme à des théories moins marquées par les apports des institutionnalistes (Foucault, Castoriadis, Derrida, etc.) et davantage centrées sur la philosophie analytique du Wittgenstein avant qu’il ne change de chemise (qu’il ne rejoigne les institutionnalistes).

Cohen a donc transformé le marxisme et, pour résumer le marxisme analytique, disons que pour le matérialisme historique, l’histoire, c’est l’histoire de la lutte des classes ; pour le marxisme analytique, l’histoire, c’est l’histoire de la lutte. Point.

Le marxisme analytique, est progressivement devenu une analyse des modes de luttes et de confrontations inter-individuels, dont le paradigme de base est le jeu du prisonnier.

Bon laissons la parole à Wikipedia :

« La théorie des jeux est un ensemble d’outils pour analyser les situations dans lesquelles l’action optimale pour un agent dépend des anticipations qu’il forme sur la décision d’un autre agent. Cet agent peut être aussi bien une personne physique, une entreprise ou un animal. L’objectif de la théorie des jeux est de modéliser ces situations, de déterminer une stratégie optimale pour chacun des agents, de prédire l’équilibre du jeu et de trouver comment aboutir à une situation optimale. La théorie des jeux est très souvent utilisée en économie, en sciences politiques, en biologie ou encore en philosophie. »

https://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9orie_des_jeux

(en mars 2016)

Le dilemme du prisonnier, vous le connaissez. Deux hommes se sont fait arrêter pour un larcin et sont dans des cellules séparées. Bref, les policiers ne peuvent les condamner que sur la parole de l’un ou de l’autre. Le deal qu’ils proposent à chacun des deux gusses est celui-ci : si tu balances ton copain, il prendra sept ans et toi, on te fais sortir au bout de deux.
Du coup, si les deux se balancent mutuellement, ils prendront sept anx tous les deux. Par contre si les deux se taisent, ils seront relâchés, faute d’aveux. Les prisonniers ne seront pas ce que leur compère décide…

Rationnel de pigeon…

Ces buses vont-ils se faire pigeonner ?
Rien à foutre, s’ils ne s’étaient pas fait choper, ils ne seraient pas derrière les barreaux… avec des poulets.

Revenons à l’épistémologie puisque c’est de ça qu’il s’agit. Ces théories se basent sur le postulat que l’homme est :
1-un acteur rationnel
2-attiré par la maximisation des profits
3-un tantinet fainéant, ce qui le pousse à maximiser ses profits en essayant d’en faire le moins
4-du coup il réalise des traitements d’informations simples (heuristiques)
5-ces traitements simples comportent des biais de par la complexité du social (putain de social, hein!)

ça a quand même beaucoup d’importance, non ? Non ? Non !? Bon, si c’est non, vous faites pas chier, lisez autre chose alors. Pour ceux qui confirment que ça a beaucoup d’importance, c’est que vous êtes au courant que le problème du choix rationnel et de la maximisation des profits et minimisation des pertes est la question fondamentale des économistes. D’où les prix nobel d’économie de Shelten, Nash et Harsanyi en 1995 ; de Kahnemann et Smith en 2002 (le premier étant un psychologue cognitiviste) ; de Aumann et Schelling en 2005 ; Hurwicz, Maskin et Myerson en 2007 ; Roth et Shappley en 2012. Tout ça juste pour la théorie des jeux (regardez les thèmes de chaque recherche primée et vous verrez comme ils vont dans le sens de l’histoire qui est décrite ci-dessus!)
Mais bon, big up aux autres comme Jean Tirol (prix nobel 2014) qui fondent leurs travaux sur la théorie des jeux, l’acteur rationnel (Sargent, prix nobel 2011), la théorie du Job Search (un chômeur travaillera quand le salaire espéré sera suffisant – Dale Mortensen, nobel 2010). Bon on arrête là.

Bref, la théorie de jeux va bien, très bien, très-très bien avec l’ultralibéralisme économique, celui qui dit que si vous êtes pauvres, c’est que vous ne prenez pas les bonnes décisions. Quoi ? C’est aussi ce que disent les évangélistes ? Ben ça alors…

Jacques Ellul présentait ainsi en quoi le jeu et l’enjeu sont des éléments clefs de la modernité libérale.

La chute

Bon, c’est pas tout, mais on ne va pas passer quatre pages juste pour se rendre compte que les psychologues qui étudient la théorie des jeux sont les descendants directs des behavioristes qui trouvent leur légitimité scientifique à faire des expériences qui vont dans le sens de l’idéologie ultralibérale. Non. Allons un peu plus loin.

Les lumières nous ont remâché deux théories de la nature humaine. L’une, justement, c’est le naturisme, genre fleures bleues, papillons, gusses à poil, paix et nourriture à gogo. La solidarité quoi. Sauf que l’homme a cédé a de mauvais penchants qui ont introduit la guerre et tout ça. Culpabilité chrétienne, quand tu nous tiens.
Seconde conception : l’homme est un loup pour l’homme et, si on veut que même les vieux, les faibles et les supporters du FC Metz (sur-)vivent, il faut un État. Bon, en contre-partie, on laisse notre liberté à faire tout le mal que l’on souhaite réaliser, bref, nous disent ces théoriciens, de notre liberté en général.

Les premières théories ont été formées par des sans-amis petits-bourgeois oui, certes, mais des sans-amis solidaristes. Le second pans, c’était des grand-bourgeois, soucieux de légitimer le fait qu’ils pompaient l’argent de leurs riches amis pour vivre voire même de légitimer qu’ils faisaient de l’argent grâce à l’esclavage.

C’est pas si simple que ça, mais quand même, ça y ressemble. Et puis ça fait cynique, c’est quand même le décorum de ce texte – donc j’ai le droit.

L’enjeu ? L’enjeu c’est le contrat social qu’il y a derrière et qui justifie la logique, ou même, allons-y, l’idéologique…

Et quel est le type de contrat social qui colle le mieux à l’idéologie ultralibérale et la théorie des jeux ?

La seconde bien évidemment ! L’homme est un loup pour l’homme, d’où le fait qu’il veuille écraser un max de monde pour s’enrichir en en faisant le moins possible. Par conséquent, dans le monde actuel, la théorie des jeux et les psychologues sociaux qui y travaille tend à justifier le contrat social de type l’homme est un loup pour l’homme.
Or quel partis crient le plus fort que l’homme est un loup pour l’homme ?

Les partis nationalistes. Et oui…

Les psychologues sociaux devraient savoir que l’enfer est pavé de bonnes intentions.

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